Au Canada, nous disposons d’un approvisionnement alimentaire parmi les plus sûrs au monde. Nous avons la chance qu’à l’épicerie les rayons soient remplis de fruits et légumes variés. Et nous sommes assurés que nous et nos familles pouvons en consommer en toute sécurité.

Malheureusement, certains groupes répandent la peur et la désinformation concernant l’innocuité des aliments issus de l’agriculture traditionnelle. Par exemple, un groupe états-unien publie une liste annuelle des 12 fruits et légumes qu’il faudrait éviter, d’après lui, à cause des résidus de pesticides.

Bien que cette liste ait été discréditée par le milieu scientifique, elle continue de retenir une certaine attention et a pour effet de décourager les gens de manger des fruits et légumes – ce qui, vous serez d’accord avec moi, est néfaste.

Les pesticides jouent un rôle important dans la production alimentaire. Ils aident les agriculteurs à produire des cultures saines et abondantes, en protégeant celles-ci contre les insectes, les mauvaises herbes et les maladies. En fait, les producteurs tant biologiques que traditionnels comptent sur les pesticides, qui sont rigoureusement règlementés au Canada.

Santé Canada est chargé de s’assurer que tous les pesticides, qu’ils soient utilisés en production traditionnelle ou biologique, sont sans danger pour les humains et pour l’environnement – ce qui inclut la prise en compte des résidus de pesticides sur les aliments. Et Santé Canada a clairement établi que la consommation d’aliments produits de manière traditionnelle ne comporte aucun risque pour la santé associé à ces résidus.

Le problème avec les listes comme celle des « 12 salopards » (The Dirty Dozen), c’est qu’elles négligent de considérer le potentiel de dommages. La réalité est que, selon les analyses, plus de 99 % des fruits et légumes produits au Canada contiennent des résidus de pesticides en quantités bien inférieures aux seuils fixés par Santé Canada. Le fait qu’on puisse parfois détecter ces résidus n’est pas une cause d’inquiétude. La technologie de détection est aujourd’hui tellement perfectionnée qu’elle permet de déceler des quantités infimes d’un produit, de l’ordre de parties par milliard (pensez à une goutte d’eau dans une piscine de taille olympique).

Aux États-Unis, l’organisation Alliance for Food and Farming a élaboré un calculateur de résidus de pesticides afin d’aider à mettre cet enjeu en perspective. Elle a calculé le nombre de portions de certains types de légumes qu’il faudrait qu’une personne consomme en une journée pour qu’il y ait lieu de s’inquiéter au sujet de ces résidus. Par exemple, il faudrait qu’en un seul jour une femme adulte mange 850 pommes et qu’un enfant mange 7240 portions de carottes avant que les résidus de pesticides ne représentent un risque pour leur santé.

En tant que scientifique et que personne qui travaille au sein de l’industrie agricole, je suis fière de soutenir l’innocuité des aliments que les agriculteurs canadiens produisent en utilisant les technologies et les outils les plus récents à leur disposition. Qu’on cesse de s’attaquer aux aliments et qu’on encourage plutôt les Canadiens à consommer plus de fruits et légumes, peu importe leur mode de production.

Maria Trainer, Ph. D.
Directrice générale des affaires scientifiques et règlementaires pour la chimie, CropLife Canada