Un récent rapport de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) sur les résidus de pesticides et la salubrité alimentaire fait grand bruit. Et c’est une bonne chose, parce que cela signifie que les questions que les gens se posent à propos de leurs aliments sont entendues – et qu’on y répond.

Sachant que les consommateurs voudraient avoir une explication sur la signification des données, l’ACIA a demandé à Santé Canada d’intervenir. C’est pourquoi nous savons que Santé Canada avait déterminé que les résidus de glyphosate dans les aliments ne présentaient aucune inquiétude pour la santé ou la salubrité alimentaire.

En dépit de cette assurance, il est compréhensible que les consommateurs se posent des questions lorsqu’ils entendent dire que 30 % des aliments testés contenaient des résidus d’un herbicide largement utilisé. Alors, une remise en contexte pourra aider à rassurer les Canadiens qui veulent faire les meilleurs choix pour leur famille lorsqu’ils sont à l’épicerie.

Au fur et à mesure que la technologie continue à s’affiner, il devient de plus en plus facile de détecter d’infimes quantités de presque n’importe quel composé, y compris les pesticides. Songez à ceci : il est maintenant possible de détecter des substances à l’échelle d’une partie par milliard, ce qui est l’équivalent d’environ une seconde en 32 ans. Cet exemple nous montre qu’il est important de garder à l’esprit que la simple détection de la présence d’un composé ne veut pas dire qu’il y a matière à s’inquiéter.

Ce rapport de l’ACIA fait remarquer que, bien que 30 % des aliments testés contenaient des résidus de glyphosate, seulement un peu plus de 1 % dépassait les limites maximales de résidus (LMR). Ces limites ont été établies afin de faciliter le commerce et elles ne sont pas des indicateurs de sécurité. Le 1 % de produits qui dépassait les LMR était encore bien au-dessous de tout niveau qui pourrait constituer un risque pour la santé humaine. Dans la plupart des cas, les LMR sont établies à un niveau 100 fois inférieur – ou davantage – à celui qui pourrait constituer une inquiétude pour la sécurité.

C’est une fausse conception – malheureusement répandue – que de croire qu’une LMR est une limite de sécurité. Il n’en est rien! Nous applaudissons le fait que l’ACIA et Santé Canada aient clarifié les choses et rassuré les Canadiens à propos de la sécurité de notre approvisionnement en aliments.

Le glyphosate a un long bilan de sécurité et il a été largement adopté par les agriculteurs canadiens en raison de son efficacité à lutter contre les mauvaises herbes et de sa contribution à la production d’un approvisionnement abondant d’aliments sécuritaires.

L’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada réévalue régulièrement les produits afin de s’assurer qu’ils continuent à respecter les normes élevées de sécurité du Canada. Dernièrement, l’ARLA a publié sa décision de réévaluation finale concernant le glyphosate. À la suite d’un examen complet de tous les renseignements scientifiques à sa disposition, elle a conclu qu’il est peu probable que ce produit nuise à la santé humaine ou à l’environnement s’il est utilisé conformément au mode d’emploi figurant sur son étiquette.

Une des raisons de l’adoption très répandue du glyphosate est le fait qu’il est hautement efficace dans la lutte contre les mauvaises herbes, tout en présentant peu de risques pour la santé humaine. En fait, bien des produits courants qu’on trouve dans nos cuisines ont des niveaux de toxicité plus élevés que le glyphosate. Un exemple : le sel de table.

La pratique consistant à maîtriser les mauvaises herbes avec le glyphosate dans les cultures résistantes à cet herbicide a permis aux producteurs agricoles d’adopter des méthodes de travail réduit du sol. Comme ils peuvent maîtriser les mauvaises herbes sans avoir à labourer leurs champs, ils sont en mesure de réduire la quantité de gaz à effet de serre qu’ils émettent, de protéger la santé du sol et de produire davantage sur moins de terres.

Selon un récent rapport de la société RIAS, grâce à l’adoption des technologies modernes de la phytologie (ou science des plantes), les agriculteurs ont diminué leur consommation de diésel de quelque 194 millions de litres par an et ont réduit leurs émissions de gaz à effet de serre de près de 30 millions de tonnes par an.

En conclusion, ce qu’il faut retenir, c’est que notre système de salubrité des aliments fonctionne. Il est transparent et protège la santé des personnes. Les consommateurs peuvent donc choisir avec confiance n’importe lequel des produits alimentaires qui se trouvent sur les étagères des magasins.

 

Pierre Petelle

Président par intérim, CropLife Canada