Les gens sont passionnés par la nourriture. Nous adorons en consommer, en parler, en prendre des photos. Mais au bout du compte, il y a une question fondamentale à laquelle nous voulons tous une réponse : les aliments que nous mangeons sont-ils sans danger?

Malheureusement, il arrive qu’on amène les consommateurs à craindre, sans raison valable, certaines denrées qu’ils consomment. En 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a annoncé qu’un herbicide couramment utilisé, le glyphosate, était « probablement cancérigène pour les humains ». Cette annonce a suscité beaucoup d’attention de la part des médias et de certains groupes activistes, et a même mené à la mise en place de mesures règlementaires dans certains pays.

Mais lorsqu’on regarde au-delà des gros titres alimentant la panique, on découvre que l’approche basée sur le danger utilisée par le CIRC pour examiner les produits chimiques est contraire aux évaluations basées sur le risque effectuées par la majorité des grands organismes de règlementation du monde. Le CIRC – qui est une agence spécialisée relevant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et non un organisme de règlementation en tant que tel – est arrivé à une conclusion qui contredit celle de trois autres organismes au sein de l’OMS, lesquels s’entendent tous pour dire que le glyphosate n’est pas susceptible de causer le cancer.

Les trois chefs de file mondiaux en matière de règlementation de pesticides – l’Agence de règlementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) du Canada, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) – ont chacun étudié à fond le glyphosate et en sont venus à la même conclusion : ce produit n’augmente pas le risque de cancer lorsqu’il est utilisé comme prévu.

Au Canada, tous les pesticides homologués doivent faire l’objet d’une réévaluation complète tous les 15 ans au moins, pour s’assurer qu’ils continuent de satisfaire aux normes les plus récentes en matière de santé humaine et d’environnement. Dernièrement, l’ARLA a publié sa décision de réévaluation finale concernant le glyphosate. À la suite d’un examen complet de tous les renseignements scientifiques à sa disposition, elle a conclu qu’il est peu probable que ce produit nuise à la santé humaine ou à l’environnement s’il est utilisé conformément au mode d’emploi figurant sur son étiquette.

Bien que les activistes aient tenté de faire croire que le glyphosate représente un danger pour les consommateurs, la réalité est la suivante : ce produit est l’un des herbicides les plus sûrs et les plus efficaces jamais mis au point. On l’étudie et l’emploie depuis plus de 40 ans. C’est un outil qui a contribué à révolutionner l’agriculture, en permettant aux producteurs de désherber plus efficacement et de produire davantage sur les terres existantes, sans devoir mettre en culture de nouvelles parcelles.

Avoir recours à la peur et à la désinformation pour alarmer les gens au sujet du glyphosate est loin de rendre service aux Canadiens, qui remettent inutilement en cause la salubrité des aliments qu’ils consomment et dont l’attention est détournée des vrais problèmes.

Par exemple, chaque année, plus d’un million de Canadiens sont victimes de maladies d’origine alimentaire évitables. En matière d’alimentation, l’attention des consommateurs devrait plutôt se concentrer sur les bactéries, virus et parasites qui constituent pour eux des risques véritables.

Au Canada, nous avons la chance qu’il y ait en place des processus décisionnels scientifiques rigoureux pour évaluer les denrées que nous consommons et les outils employés dans leur production. C’est ici que nous pouvons obtenir les vraies réponses concernant la salubrité de nos aliments. Et comme nous jouissons d’un approvisionnement alimentaire parmi les plus sûrs au monde, nous pouvons, en tant que consommateurs, nous réjouir.

 

Pierre Petelle

Président, CropLife Canada